Je vous invite à Orléans dans la première moitié du XVIe siècle, où a vécu Étienne DOLET (1509-1546). Imprimeur, traducteur et auteur de son état, il n’a pas vécu longtemps, mais il a vécu intensément. La publication de certains livres lui a valu le bûcher, sans que l’on sache très bien quels livres. Esprit libre et avant-gardiste, il s’est exprimé dans plusieurs ouvrages personnels et dans ses choix de traductions du latin. Le fabuleux travail de Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, nous permet de consulter ses recommandations en matière de traduction : La manière de bien traduire d’une langue en l’autre. En grand professionnel de l’écrit et de la transmission de savoir, il nous a laissé un message simple, clair et structuré, qui n’a pris aucune ride en cinq siècles. En six pages, il résume l’essentiel :

  • Connaître le sens et la matière.
  • Maîtriser les deux langues.
  • Ne pas traduire mot à mot.
  • Rester simple sans chercher à imiter la tournure de la langue source.
  • Respecter l’harmonie et la fluidité : le style.

Voilà ce que recèle la valeur ajoutée humaine des traducteurs et traductrices qui maîtrisent le sujet à traduire ainsi que les langues concernées, ne traduisent pas des mots, mais un sens, respectent les particularités de leur langue maternelle et savent composer un texte équilibré et harmonieux. Autant de qualités qui manquent à la traduction par logiciel, utile pour débroussailler mot à mot un texte simple (sans expressions idiomatiques, références culturelles, ni jeux de mots…).

 

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